9 élus Renaissance concernés par des affaires judiciaires. 2 condamnés, 2 en procédure validée par un juge. 5 procédures closes sans condamnation.
Condamnation définitive ou en première instance
Mise en examen, instruction ou renvoi devant un tribunal. La présomption d'innocence s'applique.
Stade de l'enquête, aucun juge n'a validé la poursuite. La présomption d'innocence s'applique.
Élus dont toutes les affaires ont été classées, acquittées ou prescrites
Lætitia Avia, députée Renaissance, a été condamnée définitivement pour harcèlement moral envers cinq assistants parlementaires. La Cour d'appel de Paris a confirmé le jugement le 4 juillet 2025. Les faits remontent à 2017, période durant laquelle les assistants auraient subi des comportements de harcèlement moral de la part de la députée. Cette affaire s'inscrit dans le contexte plus large des questions de gestion du personnel dans les cabinets parlementaires et des conditions de travail des assistants. Le jugement initial, confirmé en appel, reconnaît la culpabilité d'Avia pour les faits reprochés. La condamnation emporte une peine de six mois de prison avec sursis, assorties de 24 mois d'inéligibilité. Cette mesure d'inéligibilité revêt une particulière importance dans la mesure où elle impacte directement l'exercice des mandats politiques et des responsabilités publiques de la condamnée. Cette condamnation définitive intervient plusieurs années après les faits, reflétant la lenteur relative des procédures judiciaires en matière de harcèlement moral. La confirmation en appel constitue un point final à cette affaire sur le plan juridique, sans possibilité de recours ordinaire.
Condamnation définitive : les voies de recours ordinaires sont épuisées ou la décision est définitive selon les sources disponibles.
Violette Spillebout, députée macroniste de la 9e circonscription du Nord, avait porté plainte pour harcèlement sexuel contre Jacques Trentesaux, directeur de la rédaction de Mediacités, l'accusant d'avoir voulu propager des rumeurs autour de photos intimes pendant la campagne municipale de 2020 à Lille. Le 4 juillet 2023, le tribunal judiciaire de Lille relaxe le journaliste et condamne l'élue à 6 000 euros de dommages et intérêts pour constitution de partie civile abusive, ainsi qu'à 3 784,50 euros de frais de justice. En appel, la cour d'appel de Douai confirme fin août 2024 la relaxe du journaliste et annule la condamnation pour constitution abusive, mais maintient la condamnation de Violette Spillebout au remboursement des frais de justice (3 784,50 euros de première instance + 2 000 euros d'appel). La cour conclut qu'aucune faute pénale ou civile n'a été commise par le journaliste, dont la démarche relevait du travail d'investigation journalistique.
Procédure close sans condamnation : cette issue est favorable à la personne concernée. Cette entrée ne doit pas être lue comme une condamnation.
En juillet 2021, le ministre de la Justice Éric Dupond-Moretti, nommé par Emmanuel Macron en juillet 2020, est mis en examen pour prise illégale d'intérêts par la Cour de justice de la République. Il est accusé d'avoir utilisé sa fonction ministérielle pour obtenir des sanctions disciplinaires contre quatre magistrats qui avaient enquêté sur ses anciens clients : le juge Édouard Levrault (affaire Monaco) et trois magistrats du Parquet national financier (affaire des fadettes). Le procès se tient du 6 au 17 novembre 2023 devant la CJR. Malgré les accusations et l'émoi dans la magistrature, Emmanuel Macron maintient sa confiance en son garde des Sceaux tout au long de la procédure. Éric Dupond-Moretti est finalement relaxé par la Cour de justice de la République.
Personne non mise en cause : cette personne n'est ni mise en cause, ni poursuivie ; le statut et les peines éventuelles de cette affaire ne la concernent pas.
Stéphane Trompille, député Renaissance depuis 2017, a été condamné en première instance pour harcèlement sexuel envers une collaboratrice parlementaire. Les faits remontent aux premiers mois de son mandat en 2017, au cours desquels il aurait tenu des propos sexistes et salaces à l'encontre de cette agent parlementaire. L'affaire a d'abord été portée devant le conseil de prud'hommes, juridiction spécialisée dans les litiges du travail, plutôt que devant les tribunaux pénaux. Le dossier s'est également doublé d'une procédure pour licenciement abusif de la collaboratrice. Par jugement du conseil de prud'hommes, Stéphane Trompille a été condamné à verser 20 000 euros d'amende. Cette première décision a été confirmée en appel le 15 septembre 2023 par la Cour d'appel de Lyon (chambre sociale), rendant la condamnation définitive. Cette affaire s'inscrit dans le contexte plus large des dénonciations de comportements inappropriés au Parlement français, qui se sont multipliées ces dernières années. La confirmation en appel consolide la reconnaissance juridique des faits reprochés et met fin aux procédures contentieuses liées à cet incident.
Condamnation définitive : les voies de recours ordinaires sont épuisées ou la décision est définitive selon les sources disponibles.
Dans le cadre de l'affaire Lyhanna, Gérald Darmanin, garde des Sceaux, fait l'objet de plaintes déposées devant la Cour de justice de la République (CJR). L'avocat Pierre Debuisson, qui représente la mère de Rosa, dénonce des dysfonctionnements et une lenteur du ministère de la Justice dans le suivi des enquêtes sur les agressions sexuelles de mineurs, ainsi qu'une non-assistance à personne en danger. À ce stade, il s'agit de plaintes : aucune poursuite n'a été engagée contre le ministre.
Présomption d'innocence : cette procédure est en cours. La personne concernée est présumée innocente jusqu'à une éventuelle condamnation définitive.
L'affaire est partie d'une commission d'enquête parlementaire qui a qualifié, en 2022, de « phénomène tentaculaire » les missions confiées aux cabinets privés par l'État depuis 2017. Le parquet national financier a d'abord ouvert, le 31 mars 2022, une enquête préliminaire pour blanchiment aggravé de fraude fiscale aggravée visant McKinsey, sur un possible montage fiscal des entités françaises qui leur aurait permis de ne verser aucun impôt sur les sociétés entre 2011 et 2020. Six mois plus tard, le parquet national financier a ouvert deux informations judiciaires, annoncées le 24 novembre 2022 : l'une pour tenue non conforme de comptes de campagne, portant sur les conditions d'intervention de cabinets de conseil dans les campagnes électorales de 2017 et 2022 d'Emmanuel Macron et élargie depuis aux années 2015 et 2016, l'autre pour favoritisme. Dans ce cadre, des perquisitions ont eu lieu fin 2022 au domicile de dirigeants et anciens dirigeants de McKinsey, au ministère de la Santé, au siège parisien du cabinet ainsi qu'aux sièges de Renaissance et de son association de financement. Une nouvelle perquisition a eu lieu chez McKinsey le 6 novembre 2025, dans l'information judiciaire suivie par le juge d'instruction parisien Serge Tournaire. Aucune mise en examen n'a été prononcée à ce stade et Emmanuel Macron bénéficie de l'immunité présidentielle pendant la durée de son mandat.
Présomption d'innocence : cette procédure est en cours. La personne concernée est présumée innocente jusqu'à une éventuelle condamnation définitive.
En avril 2019, une enquête est ouverte concernant un contrat de conseil de 220 000 euros entre Sandro Gozi et la Banque centrale de Saint-Marin, portant sur les conditions d'attribution du contrat et le caractère potentiellement fictif de la prestation. Gozi affirme que le contrat a été attribué dans le respect des procédures et que l'accusation visait à nuire à sa candidature aux européennes. Le dossier est classé sans suite le 2 juillet 2020, et le commissaire ayant ouvert l'enquête est condamné en février 2024 pour tentative de corruption et abus de pouvoir.
Procédure close sans condamnation : cette issue est favorable à la personne concernée. Cette entrée ne doit pas être lue comme une condamnation.
Le 1er mai 2026, la France Insoumise (LFI) a saisi la Cour de justice de la République (CJR) contre Sébastien Lecornu, Premier ministre, l'accusant d'avoir tenté de faire échec à l'exécution de la loi en relayant publiquement le cas d'un boulanger ouvert le 1er mai malgré l'interdiction du travail ce jour-là. La CJR est compétente pour juger les actes commis par les membres du gouvernement dans l'exercice de leurs fonctions. L'affaire est au stade de la saisine ; aucune mise en examen n'a été prononcée.
Présomption d'innocence : cette procédure est en cours. La personne concernée est présumée innocente jusqu'à une éventuelle condamnation définitive.
Violette Spillebout, députée de la 9ème circonscription et membre de Renaissance, était affiliée à Ensemble pour la République au moment des faits. En 2023, Spillebout a formulé des accusations publiques contre Martine Aubry, alors maire de Lille, concernant les élections municipales de 2020. Spillebout aurait affirmé qu'Aubry avait proposé un emploi à la boxeuse Licia Boudersa en échange de son soutien politique. Estimant ces déclarations préjudiciables à sa réputation, Licia Boudersa a porté plainte contre Spillebout pour diffamation. Après instruction, le parquet a décidé de classer l'affaire sans suite le 9 mars 2025.
Procédure close sans condamnation : cette issue est favorable à la personne concernée. Cette entrée ne doit pas être lue comme une condamnation.
Patricia Mirallès, députée Renaissance, a été au cœur d'une controverse portant sur l'utilisation de ses notes de frais parlementaires. En mai 2022, le journal Mediapart révèle que plusieurs dépenses personnelles ont été facturées aux frais de mandat : le déménagement de son fils, la réparation du disque dur de sa fille et un séjour à l'hôtel en couple. Ces dépenses, initialement contestées par l'élue, ont finalement fait l'objet d'un examen par les services de l'Assemblée nationale. Face aux conclusions des services administratifs, Patricia Mirallès procède au remboursement de l'intégralité de ces dépenses personnelles en septembre 2022. Cette démarche met fin à la controverse administrative relative à la gestion de son indemnité représentative de frais de mandat (IRFM). L'affaire n'a donné lieu à aucune poursuites judiciaire formelle et a été classée sans suite par les autorités compétentes. Le remboursement effectué par la députée clôt ainsi le dossier sur le plan administratif et judiciaire.
Procédure close sans condamnation : cette issue est favorable à la personne concernée. Cette entrée ne doit pas être lue comme une condamnation.
Gérald Darmanin, ministre de l'Économie et des Finances, membre du groupe Renaissance, est au cœur d'une enquête préliminaire portant sur des soupçons de complicité de fraude fiscale impliquant le Paris Saint-Germain. En janvier 2024, des révélations de Mediapart suggèrent que Darmanin aurait facilité des montages fiscaux au bénéfice du club parisien concernant un transfert de joueur, causant un préjudice estimé au Trésor public. Saisi de ces informations, la députée Manon Aubry demande l'ouverture d'une enquête judiciaire. Le 15 janvier 2024, les magistrats ordonnent une perquisition des locaux de la DGPIP au ministère de l'Économie et des Finances, signalant l'ampleur des investigations. En septembre 2024, Mediapart rapporte que les enquêteurs auraient accumulé des éléments matériels, notamment des correspondances SMS, établissant potentiellement l'implication directe de Darmanin dans les arrangements fiscaux du PSG. L'enquête préliminaire reste en cours et aucune mise en examen n'a été officiellement annoncée à ce jour. La procédure suit son cours judiciaire normal. Cette affaire s'ajoute aux précédentes difficultés judiciaires du ministre, notamment des accusations de viol et de harcèlement.
Présomption d'innocence : cette procédure est en cours. La personne concernée est présumée innocente jusqu'à une éventuelle condamnation définitive.
En septembre 2024, le journaliste Victor Castanet accuse Aurore Bergé d'avoir entretenu des rapports étroits avec le lobby des crèches privées et d'avoir convenu d'un 'pacte de non agression' avec Elsa Hervy. En janvier 2025, une information judiciaire est ouverte par la Cour de justice de la République pour faux témoignage, suite à la transmission du dossier par le bureau de l'Assemblée nationale en octobre 2024. Des perquisitions sont menées en février 2025 aux domiciles d'Aurore Bergé et d'Elsa Hervy.
Présomption d'innocence : cette procédure est en cours. La personne concernée est présumée innocente jusqu'à une éventuelle condamnation définitive.
Aurore Bergé, députée Renaissance, a été poursuivie en diffamation par le rappeur Médine suite à des propos tenus en février 2021. La plainte a été déposée le 23 février 2021 avec constitution de partie civile. Les faits reprochés concernent une qualification de Médine comme « rappeur islamiste » par la députée. Cette affaire s'inscrit dans un contexte de débats publics sur les questions identitaires et religieuses en France. La procédure judiciaire s'est déroulée devant les tribunaux compétents. Le jugement est intervenu le 13 mars 2025, avec une relaxe prononcée en faveur d'Aurore Bergé. Cette décision signifie que le tribunal n'a pas retenu la qualification de diffamation publique pour les propos incriminés. Cette relaxe implique qu'aux yeux du tribunal, les déclarations formulées ne constituaient pas une diffamation caractérisée au sens de la loi, ou bénéficiaient d'une forme de protection (notamment la critique ou le débat d'intérêt public). Aurore Bergé a été impliquée dans d'autres contentieux judiciaires, notamment l'affaire de collusion avec le lobby des crèches privées et faux témoignage.
Procédure close sans condamnation : cette issue est favorable à la personne concernée. Cette entrée ne doit pas être lue comme une condamnation.
Méthodologie
Les compteurs distinguent quatre niveaux de maturité judiciaire : les condamnations (définitives ou en première instance), les procédures validées par un juge (mise en examen, instruction, renvoi), les enquêtes préliminaires (aucun juge n'a encore validé la poursuite), et les procédures closes sans condamnation (relaxe, acquittement, non-lieu, prescription, classement). Les compteurs par élu sont dédupliqués : un élu condamné n'est pas recompté dans les procédures en cours. En savoir plus