Dossier législatif
Reconnaître une présomption de légitime défense pour les forces de l'ordre, dans l'exercice de le...
L'Assemblée nationale examinait une proposition de loi visant à reconnaître une présomption de légitime défense pour les forces de l'ordre, dans l'exercice de leurs fonctions. Ce texte propose de modifier le fonctionnement de la légitime défense dans le droit français : actuellement, quand un policier ou un gendarme utilise la force pendant son service, il doit prouver après coup que cette force était nécessaire et proportionnée. La loi envisagée changerait cette règle en présumant d'emblée que l'agent agissait en légitime défense — ce qui signifierait que c'est à celui qui conteste cette action (victime, avocat, procureur) de prouver que l'agent a abusé de sa force, et non l'inverse.
Durant l'examen du texte, les députés votaient sur plusieurs amendements — des propositions de modification. Le sous-amendement n° 74 de M. Coulomme était une modification supplémentaire apportée à un amendement existant, visant à préciser ou ajuster cette présomption de légitime défense. Ce sous-amendement a été rejeté par 110 voix contre 49, avec 1 abstention, ce qui signifie que la formulation ou la portée qu'il proposait n'a pas été retenue par la majorité des députés présents.
Ceux qui votaient pour ce sous-amendement estimaient qu'il renforçait ou clarifiait la protection des forces de l'ordre en précisant les conditions ou l'étendue de cette présomption. Parmi eux figuraient des députés comme Raphaël Arnault et Manuel Bompard. Ceux qui votaient contre considéraient que cette formulation allait trop loin ou créait un déséquilibre, en accordant une présomption trop large aux agents sans garde-fou suffisant — ils estimaient que cela risquait de limiter les contrôles judiciaires ou les recours des victimes en cas d'usage disproportionné de la force. Des députés comme Laurent Wauquiez et Éric Woerth s'opposaient au sous-amendement.
Vous êtes directement concerné si vous avez eu une interaction avec la police ou la gendarmerie, ou si vous souhaitez comprendre les règles qui encadrent l'usage de la force par ces services. Cette décision ne signifie pas que la présomption de légitime défense disparaît — le texte principal reste en examen à l'Assemblée nationale — mais simplement que cette version spécifique du sous-amendement n'a pas obtenu le soutien de la majorité.