Les députés ont rejeté la demande de la gauche (La France Insoumise) d'abandonner le projet de loi contre la fraude sociale et fiscale. Le projet de loi pourra donc continuer son examen à l'Assemblée nationale.
Points clés :
• Une motion de rejet préalable est une demande pour arrêter complètement l'examen d'un projet de loi avant même de le discuter
• 69 députés ont voté contre le rejet (pour continuer l'examen du projet) contre 62 pour le rejet
• Ce projet de loi vise à lutter contre les fraudes sociales (allocations indûment perçues) et fiscales (impôts non payés)
• Le projet peut désormais avancer pour débat et vote article par article à l'Assemblée nationale
Le projet de loi en question porte sur la lutte contre les fraudes sociales et fiscales — c'est-à-dire sur les mesures destinées à réduire deux phénomènes : d'une part les allocations (allocations chômage, allocations familiales, aides au logement, etc.) perçues indûment par des citoyens qui n'y ont pas droit, et d'autre part les impôts que certains citoyens ou entreprises ne paient pas volontairement ou par la ruse, privant ainsi l'État des ressources pour financer les services publics.
Le 25 février 2026, la gauche (représentée par Mme Mathilde Panot de La France Insoumise) a demandé que le Parlement abandonne complètement l'examen de ce projet de loi avant même de le discuter article par article. Cette demande s'appelle une motion de rejet préalable : il s'agit d'une procédure parlementaire qui permet à un groupe de députés de contester le principe même du projet, sans entrer dans les détails des mesures proposées.
Cette demande d'abandon a été rejetée : 69 députés ont voté contre le rejet (ce qui signifie qu'ils souhaitaient continuer à examiner le projet), contre 62 qui ont voté pour le rejet. Le projet de loi peut donc poursuivre son examen à l'Assemblée nationale, où chaque article sera débattu et mis au vote.
Concrètement, le projet de loi propose selon le dossier législatif de faciliter les échanges d'informations entre les administrations (impôts, allocations, Sécurité sociale) pour mieux détecter les fraudes, d'augmenter les pénalités financières imposées aux fraudeurs, et de mieux protéger les lanceurs d'alerte — c'est-à-dire les personnes qui signalent une fraude à laquelle elles ont connaissance. L'objectif affiché est de récupérer davantage d'argent qui ne paie pas actuellement à l'État, pour le réinvestir dans les services publics.
Les partisans du rejet du projet (comme les députés Nicolas Thierry et Aurélie Trouvé) considèrent que les mesures proposées risquent de renforcer la surveillance des citoyens, que l'accent mis sur les pénalités pourrait affecter les personnes les plus précaires qui commettent des erreurs administratives plutôt que des fraudes intentionnelles, et que les vrais problèmes de financement des services publics ne se résolvent pas par des mesures coercitives contre les plus pauvres. Ils défendent l'idée que ce projet n'est pas la bonne réponse aux difficultés du budget public.
À l'inverse, les députés qui ont voté contre le rejet (comme Paul Christophe et Thierry Benoit) estiment que les fraudes sociales et fiscales représentent des sommes très importantes qui grèvent les finances publiques, que mieux coordonner les administrations pour les détecter est une mesure de gestion courante et responsable, et que les lanceurs d'alerte ont besoin de protections légales pour signaler les fraudes sans crainte de représailles. Pour eux, ce projet apporte des outils concrets et nécessaires.
Cette décision du vote concerne directement les citoyens français, en particulier ceux qui reçoivent des allocations sociales (allocations chômage, allocations familiales, minima sociaux), ceux qui paient des impôts, et plus largement tous ceux qui dépendent du financement de l'État et de la Sécurité sociale — puisque, selon l'argument des partisans du projet, moins il y a de fraude, plus il y a de ressources pour les services publics, alors que selon l'argument des opposants, on risque d'accroître la surveillance sans résoudre les vrai problèmes structurels.
Dossier législatif
La lutte contre les fraudes sociales et fiscales

Nadège Abomangoli
LFI-NFP

Marie-José Allemand
SOC

Ségolène Amiot
LFI-NFP

Farida Amrani
LFI-NFP

Christine Arrighi
ECOS

Fabrice Barusseau
SOC

Laurent Baumel
SOC

Benoît Biteau
ECOS

Arnaud Bonnet
ECOS

Louis Boyard
LFI-NFP

Pierre-Yves Cadalen
LFI-NFP

Elie Califer
SOC

Colette Capdevielle
SOC

Sylvain Carrière
LFI-NFP

Bérenger Cernon
LFI-NFP

Cyrielle Chatelain
ECOS

Jean-François Coulomme
LFI-NFP

Peio Dufau
SOC

Inaki Echaniz
SOC

Karen Erodi
LFI-NFP

Denis Fégné
SOC

Mathilde Feld
LFI-NFP

Sylvie Ferrer
LFI-NFP

Martine Froger
SOC

Perceval Gaillard
LFI-NFP

Steevy Gustave
ECOS

Florence Herouin-Léautey
SOC

Catherine Hervieu
ECOS

Mathilde Hignet
LFI-NFP

Jérémie Iordanoff
ECOS

Chantal Jourdan
SOC

Andy Kerbrat
LFI-NFP

Tristan Lahais
ECOS

Maxime Laisney
LFI-NFP

Antoine Léaument
LFI-NFP

Jérôme Legavre
LFI-NFP

Sarah Legrain
LFI-NFP

Claire Lejeune
LFI-NFP

Élisa Martin
LFI-NFP

Emmanuel Maurel
GDR

Estelle Mercier
SOC

Jean-Philippe Nilor
LFI-NFP

Sandrine Nosbé
LFI-NFP

Jacques Oberti
SOC

Danièle Obono
LFI-NFP

Mathilde Panot
LFI-NFP

Stéphane Peu
GDR

Sébastien Peytavie
ECOS

Anna Pic
SOC

Pierre Pribetich
SOC

Jean-Hugues Ratenon
LFI-NFP

Jean-Claude Raux
ECOS

Marie Récalde
SOC

Davy Rimane
GDR

Sandrine Runel
SOC

Arnaud Saint-Martin
LFI-NFP

Aurélien Saintoul
LFI-NFP

Sabrina Sebaihi
ECOS

Andrée Taurinya
LFI-NFP

Nicolas Thierry
ECOS

Emmanuel Tjibaou
GDR

Aurélie Trouvé
LFI-NFP

Anchya Bamana
RN

Valérie Bazin-Malgras
DR

Thierry Benoit
HOR

Jean-Didier Berger
DR

Théo Bernhardt
RN

Anne-Laure Blin
DR

Philippe Bonnecarrère
NI

Émilie Bonnivard
DR

Jean-Luc Bourgeaux
DR

Jorys Bovet
RN

Anthony Brosse
EPR

Danielle Brulebois
EPR

Joël Bruneau
LIOT

Stéphane Buchou
EPR

Céline Calvez
EPR

Paul Christophe
HOR

Nathalie Colin-Oesterlé
HOR

Paul-André Colombani
LIOT

Michel Criaud
HOR

Jocelyn Dessigny
RN

Julien Dive
DR

Nicole Dubré-Chirat
EPR

Lionel Duparay
DR

Stella Dupont
NI

Marc Fesneau
DEM

Alix Fruchon
DR

Jean-Luc Fugit
EPR

Camille Galliard-Minier
EPR

Félicie Gérard
HOR

François Gernigon
HOR

Christian Girard
RN

Frantz Gumbs
DEM

Patrick Hetzel
DR

Catherine Ibled
EPR

Cyrille Isaac-Sibille
DEM

Guillaume Kasbarian
EPR

Brigitte Klinkert
EPR

Daniel Labaronne
EPR

Christine Le Nabour
EPR

Nicole Le Peih
EPR

Emmanuel Mandon
DEM

Christophe Marion
EPR

Éric Martineau
DEM

Denis Masséglia
EPR

Graziella Melchior
EPR

Nicolas Metzdorf
EPR

Éric Michoux
UDR

Paul Midy
EPR

Laure Miller
EPR

Christelle Minard
DR

Joséphine Missoffe
EPR

Christophe Mongardien
EPR

Yannick Neuder
DR

Jérôme Nury
DR

Didier Padey
DEM

Béatrice Piron
HOR

Christophe Plassard
HOR

Lisette Pollet
RN

Marie-Agnès Poussier-Winsback
HOR

Nicolas Ray
DR

Véronique Riotton
EPR

Vincent Rolland
DR

Béatrice Roullaud
RN

Vincent Thiébaut
HOR

Nicolas Tryzna
DR

Antoine Valentin
UDR

Frédéric Valletoux
HOR

Annie Vidal
EPR

Anne-Cécile Violland
HOR
Aucun député
Aucun député