Dossier législatif
Apporter une réponse intégrale au phénomène des violences sexuelles et sexistes contre les femmes...
Les députés ont examiné une proposition de loi visant à lutter contre les violences sexuelles et sexistes envers les femmes et les enfants. Lors de cet examen, un amendement a été proposé pour encadrer les expertises judiciaires dans les affaires de violences sexuelles sur mineurs. Cet amendement visait à interdire l'utilisation d'une théorie controversée dans les décisions de justice.
L'amendement proposait d'interdire aux experts et aux juges d'invoquer le « syndrome d'aliénation parentale » dans les procédures judiciaires concernant des violences sexuelles sur mineurs. Ce syndrome, qui suggère qu'un enfant pourrait être manipulé par un parent pour accuser l'autre de violences, n'est reconnu par aucune classification médicale internationale. L'amendement exigeait également que toute expertise psychologique ou psychiatrique précise les méthodes scientifiques utilisées et les classifications diagnostiques sur lesquelles elle s'appuie.
L'amendement a été rejeté par l'Assemblée nationale. Cela signifie que le syndrome d'aliénation parentale pourra continuer à être invoqué dans les expertises et les décisions judiciaires concernant les violences sexuelles sur mineurs, et que les expertises ne seront pas systématiquement tenues de détailler leurs méthodes scientifiques.
Cette décision concerne directement les mineurs victimes de violences sexuelles et leurs parents, ainsi que les professionnels de la justice (juges, experts psychologues ou psychiatres) qui interviennent dans ces procédures. Elle peut influencer la manière dont la parole des enfants est prise en compte dans les affaires judiciaires.